Les Livres.

Ah les livres. Quel cruel destin que le leur. Tout concourt à leur perte, pour le papier: la chaleur, l'eau, le feu, la salissure, le déchirement, les effets chimiques. Quant à leur reliure c'est du pareil au même: la percaline qui se fend et se déchire, le cuir qui se désagrège. Pourtant certains de ces textes sont restés parfaits. Est-ce du au climat de certaines planètes, à la volonté de certains de leurs habitants, à la chance parfois mais certains nous sont parvenus dans leur état d'origine?

 

Pourtant pendant trente siècles ces écrits ont permis aux ancêtres de l'homme-stellaire de ne pas perdre le fil de leur marche en avant. Les fresques de Lascaux ne pourraient-elles pas être considérées comme un livre ? Ceci grâce au fait que le livre a tout de même certaines armes pour durer: Il se rit d'une panne d’électricité, d'un bug, de la chute, de la rayure d'une plaque de plastic, de l'erreur ...

 

Mais il a surtout un avantage à nul autre pareil: le plaisir de le tenir entre ses mains, de le feuilleter, d'admirer ses illustrations, de sentir sous ses doigts la douceur d'un cuir, le grain d'un papier. Il a le bon goût de laisser à l'esprit humain le temps de s'adapter et surtout celui de comprendre. Heureusement de lointains descendants des habitants de Sol III, partis coloniser ce bras de la galaxie les ont conservés ces livres, ils savaient bien, eux, que ces livres les raccrochaient à leur origines. C'est ainsi que notre équipage à pu les acquérir. Mais nous, pauvres terriens, qu'en avons-nous perdus de ces livres. Il nous reste aussi le souvenir des récits de Manse de ces fréquentes incursions émerveillées dans la bibliothèque d'Alexandrie tout en écoutant cette fameuse pièce de Bach. Bien sur jamais nous ne retrouverons les éditions originales de certains d'entre-eux (pauvre Lucien) car  elles sont perdues à jamais . Nous n'avons pû rencontrer l'ami de Wells sans doute en grande conversation avec les Morlocks.  

 

Heureusement nous sommes encore quelques-uns à les traquer et à les conserver. Un dernier merci à un certain Gutenberg qui eu la bonne idée d'inventer le caractère mobile il y a de cela plusieurs millénaires.